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La romancière et militante féministe Djaïli Amadou Amal a été élevée Par le président Emmanuel Macron au rang de Chevalier de la légion d’honneur de la République française.

photo Amadou Djaïli. source cemac eco finance

Par décret en date du 16 juillet 2025, le Président de la République française a élevé au rang de Chevalier de la légion d’honneur, Djaïli Amadou Amal pour « l’incroyable richesse de son œuvre littéraire ainsi que son engagement sans faille dans la défense et la promotion des droits des femmes tant à travers ses écrits que par son action associative ». La cérémonie de remise des insignes s’est déroulée le 2 février 2026 à Yaoundé, sous la supervision de Son Excellence Sylvain Riquier, Ambassadeur de la France au Cameroun. Une « distinction prestigieuse » selon la romancière qui vient s’ajouter à celle d’Officier d’ordre de la valeur décernée par l’Etat du Cameroun en 2018 et un Doctorat Honoris Causa de l’Université Sorbonne-Nouvelle en 2022. Sa plume lui a également valu de nombreux prix à travers le monde entre autres : le prix Goncourt des lycéens 2020, le  prix orange du livre en Afrique en 2019, et meilleure auteure africaine  au salon du livre de Paris en 2019.

Qui est Amadou Djaïli ?

Djaïli Amadou Amal est une femme peule, figure influente de la littérature camerounaise. Elle Naît en 1975 à Maroua dans la région de l’Extrême-Nord de père camerounais et de mère égyptienne Mariée précocement à l’âge de dix-sept ans, elle quitte son foyer en 1998, après cinq années de vie commune. Elle se remarie et dix ans plus tard, elle quitte son deuxième époux pour « violences conjugales » puis s’installe à Yaoundé. Djaïli va trouver un travail grâce à son diplôme de BTS en gestion, et commercialise des bijoux afin de financer son projet d’écriture. Mère de deux filles, épouse de l’ingénieur et écrivain Hamadou Baba connu sous le pseudonyme Badiadji Horrétowdo, Djaïli réside désormais à Douala et milite activement pour l’éducation des filles via son association  femmes du sahel.

Elle publie en 2010 son tout premier roman intitulé Walaande, l’art de partager un mari. Un roman qui lui confère une renommée immédiate ou point où la Presse camerounaise la surnomme “Voix des sans-voix”.  Elle met en vitrine l’histoire de quatre coépouses vivant dans la même concession, dénonce les pesanteurs sociales liées aux traditions et aux religions ainsi que les discriminations faites aux femmes. Le prix du jury de la Fondation Prince Claus à Amsterdam permet à l’ouvrage d’être traduit en langue arabe et diffusé dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Son deuxième roman s’intitule Mistiriijo, la mangeuse d’âmes, éditions Ifrikiya Yaoundé publié 2013. Elle publie en 2017 Munyal, les larmes de la patience, éditions Proximité Yaoundé ; ce livre est retravaillé et réédité en 2020 sous le titre Les Impatienteséditions Emmanuelle Collas Paris. En 2022, elle publie Cœur du Sahel, Paris, éditions Emmanuelle Collas enfin 2024 Le Harem du roi, Paris, éditions Emmanuelle Colas.

Djaïli s’ajoute ainsi à la liste des grands romanciers du continent africain comme Chinua Achebe du Nigeria, Hamadou Kourouma de la Cote d’Ivoire, Mongo Béti du Cameroun, Mariama Bâ du Sénégal, Camara Laye de Guinée, Abdourahman Waberi de Djibouti, …

Syntyche PANCHA MATAGNIGNI

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