Lors de la 39ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union Africaine (UA) tenue à Addis -Abeba les 14 et 15 février 2026, le Président burundais Evariste Ndayishimiye a été porté à la tête de cette organisation régionale. Il succède le Président angolais Joao Manuel Gonçalves Lourenço. Durant une année de mandat, ses axes prioritaires seront entre autres : la consolidation de la paix et de la sécurité, le rapport de force du continent sur la scène internationale et la transformation du potentiel démographique de l’Afrique.
Prendre les rênes d’un continent aux ressources infinies et « courtisé par tout le monde » pour citer l’économiste français Joseph Boillot, c’est prendre en main le destin d’un continent qui veut malgré ses péripéties s’affirmer sur la scène internationale et faire bon usage de son potentiel mondialement convoité. Cependant, en absence de paix et de sécurité ces enjeux sont menacés, d’où la nécessité de faire taire les armes. Le nouveau président de l’UA décide de consacrer une partie de son mandat à la consolidation de la paix et de la sécurité en encourageant les dirigeants à la bonne gouvernance, la prévention des conflits, la diplomatie préventive, la médiation, la reconstruction post-conflit etc… Selon lui, l’Afrique ne gagnera pas la bataille du développement tant que les balles continueront de siffler dans certaines de ses régions.
L’entrée de l’UA au sein du G20 depuis 2023 est une marque de reconnaissance du rôle stratégique de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Le continent, fort de ses ressources naturelles et humaines est un acteur important des relations internationales raison pour laquelle Evariste Ndayishimiye entend : « renforcer la voix de l’Afrique sur la scène mondiale et de contribuer activement à la construction d’un ordre international plus juste, équilibré et inclusif », surtout que les prévisions statistiques révèlent une Afrique qui comptera plus de 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050 dont une écrasante majorité des jeunes. D’après lui, ce dividende démographique peut être une force ou un risque, selon les choix. «Notre capacité à transformer ce potentiel démographique en moteur de croissance, de stabilité et de créativité dépendra des choix que nous faisons en matière d’éducation, de formation, de recherche scientifique et d’accès à l’emploi ». Il inscrit son mandat dans la vision d’une Renaissance africaine fondée sur l’innovation, la Science, le développement des compétences et l’autonomisation.
Le nouveau Président de l’UA hérite ainsi d’une organisation relativement stable dont le leadership de son prédécesseur l’angolais Joao Manuel Gonçalves Lourenço a été qualifié par l’ONU « d’extrêmement efficace ». Dans un contexte mondial marqué par des tensions économiques persistantes et une remise en question croissante du multilatéralisme, Evariste Ndayishimiye tout comme son prédécesseur reste convaincu que : « le multilatéralisme demeure un pilier essentiel pour la paix, la stabilité et le développement durable ». Les africains espèrent que l’UA va se doter de tous les moyens nécessaires pour s’imposer sur la scène internationale au même titre que les autres organisations régionales du monde.
Syntyche PANCHA MATAGNIGNI, journaliste diplomatique
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